• extrêmement fort et incroyablement près

    extrêmement fort et incroyablement près  extrêmement fort et incroyablement près

    J'espère qu'un jour tu expérimenteras le fait de faire quelque chose que tu ne comprends pas pour quelqu'un que tu aimes.

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    — pourquoi les belles chansons te rendent tristes ?
    — parce qu'elles ne sont pas vraies.
    — jamais ?
    — rien n'est à la fois beau et vrai.

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    Il y a tellement de gens qui entrent dans votre vie et la quittent. Des centaines de milliers de gens. Tu dois garder la porte ouverte pour qu'ils puissent entrer mais ça veut aussi dire que tu dois les laisser partir.

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    On avait tout à dire à l'autre mais aucun moyen de le faire.

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    Le secret était un trou au milieu de moi même dans lequel tombait toutes les choses heureuses.

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    Il y a aujourd’hui plus de gens qui vivent sur la terre qu’il y a eu de mort dans toute l’histoire de l’humanité. Mais le nombre de mort augmente sans cesse. Un jour il n’y aura plus assez d’place pour enterrer les gens. Alors pourquoi ne pas construire des grattes ciel, en profondeur, on pourrait les construire en d’sous des grattes ciel pour vivant ! Des grattes ciel qui montent, on pourrait enterrer les gens au centième étage en d’sous et il y aurait tout un monde mort, sous le monde vivant ! Et si on pouvait prendre un ascenseur pour descendre rendre visite aux membres de notre famille qui sont décédés. Comme traverser le pont pour aller voir des amis à Brooklyn.


      

     

    Dans mon lit ce soir là j’ai inventé un écoulement spécial qui serait sous tous les oreillers de New-York et aboutirait au réservoir. Chaque fois que quelqu’un pleurerait en s’endormant, les larmes iraient toutes au même endroit et le lendemain matin la météo pourrait annoncer si le niveau du Réservoir des Larmes avait monté ou baissé, on saurait si New-York porte ou non des semelles de plomb.

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    Parfois j’entends mes os se tendre à craquer sous le poids de toutes les vies que je ne vis pas.

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    J'aime voir des gens réunis, c'est peut-être tout bête, mais que puis-je dire, j'aime voir des gens courir l'un vers l'autre, j'aime leurs embrassades et leurs larmes, j'aime l'impatience,les histoires que les bouches ne peuvent raconter assez vite, les oreilles qui ne sont pas assez grandes, les yeux qui ne peuvent absorber d'un coup tous les changements, j'aime les étreintes, les retrouvailles, quand quelqu'un cesse enfin de leur manquer.

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    Elle veut savoir si je l'aime, c'est tout ce que chacun veut des autres, pas l'amour lui-même mais savoir que l'amour est là, comme des piles neuves dans la lampe de poche de la trousse d'urgence du placard de l'entrée.


      

     

    Quand je te regardais, ma vie rimait à quelque chose. Même les malheurs rimaient à quelque chose.

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    Je pensai à la vie, à ma vie, aux gènes, aux légères coïncidences, aux ombres des réveil-matin sur les tables de chevet. Je pensai à mes petites victoires et à tout ce que j'avais vu détruire, j'avais nagé parmi les manteaux de vison sur le lit de mes parents qui recevaient à l'étage en-dessous, j'avais perdu la seule personne avec laquelle j'aurais pu passer ma seule vie, j'avais abandonné mille tonnes de marbre, j'aurais pu produire des sculptures, j'aurais pu me tailler moi-même dans le marbre de mon être. J'avais connu la joie, mais pas assez, peut-il y en avoir assez ? La fin de la souffrance ne justifie pas la souffrance et il n'y a donc pas de fin à cette souffrance.

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    — pourquoi me quittes-tu ? Il écrivit,
    — je ne sais plus comment vivre.
    — je ne sais pas non plus, mais j'essaie.  

    Il y avait des choses que je voulais lui dire. Mais je savais qu'elles lui feraient mal. Alors je les enfouis, les laissant me faire mal à moi. Je posai la main sur lui. Le toucher fut toujours d'une telle importance pour moi. Cela m'était une raison de vivre. Je ne pus jamais expliquer pourquoi. Des petits contacts de rien du tout. Mes doigts effleurant son épaule. Nos cuisses se touchaient quand nous étions serrés côte à côte dans l'autobus. Je ne pouvais pas l'expliquer mais j'en avais besoin. Parfois j'imaginais coudre ensemble tous nos petits contacts. Combien de centaines de milliers de doigts s'effleurant faut-il pour faire l'amour ? Pourquoi quiconque s'avise-t-il de faire l'amour ?


      

    (je pense que je pourrais mettre le livre entier dans cet article)


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