• A la question "tu préfères les filles ou les garçons ?" elle répondait "je préfère les gens." Certains disaient d’elle qu'elle était complètement à côté de la plaque, d'autres qu’elle était avant-gardiste. Elle, disait d'elle qu'elle était. Pas besoin de préfixe ou d'adjectif superficiel pour la définir. Elle était le blanc dans le noir, le contemporain dans le classique, elle était ce qu'on ne voit pas. Plus on essayait de l'attraper, plus elle était loin, elle faisait la guerre à coups de sourire et de majeur en l'air. Elle était l'insomnie qui hante ta nuit, l'ouragan qui bouleverse ta vie.


    Ce texte a été écrit pour le concours de Naeri. A la base, ça partait d'un exercice pour mon cours de français et même si je trouvais ça joli, ça ne rentrait pas dans les critères de ma prof. Je l'ai terminé et vu qu'il faisait pile poil 100 mots, j'ai décidé de le présenté pour le 1er Drabble de Pretty Lies.

    Du coup maintenant j'ai plus rien à rendre pour le français '-'


    36 commentaires
  • Histoire de l'un de mes personnages sur l'un des rpg d'Upside. J'aimais bien alors je le poste ici.

    19 avril 1996 : C'est en plein milieu d'Amsterdam, lors d'une visite de la ville que Mrs Reynolds, alors enceinte de 8 mois commence à ressentir les premières contractions. Son mari, complètement affolé se met alors à courir partout en criant dans un hollandais très médiocre appris dans un guide de voyage : "Un hôpital s'il vous plaît !"

    20 avril 1996 : A très précisément 4h37 du matin, une petite tête blonde accrochée à un corps tout fripé sort du ventre de sa maman en pleurs.

    20 avril 1996 : 5h03, le père de l'enfant arrive avec un bouquet de fleurs à la main. Il sourit en voyant son fils sourire et, en bon historien qu'il est, se fait la remarque que pile 107 ans plus tôt naissait le plus grand tyran que la terre n'ai jamais connu. Il prie pour que son enfant ne prenne pas le même chemin et sur le coup de l’émotion (ou peut être face à la peur que son fils devienne le nouvel Hitler) il se met à pleurer.

    2 septembre 1999 : Sam entre à la maternelle, accroché à la jambe de son papa et à la main de sa maman.

    3 septembre 1999 : Sam fait la connaissance d'Hannah, cette dernière lui a jeté du sable dans les yeux et, après 10 minutes de forte contrariété, Sam est retourné la voir pour s'excuser alors qu'il n'avait rien fait.

    19 novembre 2001 : Un groupe de garçons va voir Sam et se moque de lui en disant qu'il traîne avec une fille et que, par conséquent, il est amoureux d'elle.

    21 novembre 2001 : Hannah apprend ce qui s'est passé 3 jours plus tôt et commence à se battre avec les fauteurs de trouble.

    22 novembre 2001 : Sam va voir Hannah chez elle car cette dernière s'est faite temporairement exclure de l’école. Les mots "T'es mon meilleur ami pour la vie Sammy" sont alors prononcés.

    25 décembre 2004 : Sam reçoit un livre sur la guerre de 100 ans pour Noël. Il s'y plonge pendant 4 jours sans interruption.

    5 janvier 2004 : Sam annonce à Hannah que lorsqu'il serait plus grand, il deviendrait chevalier.

    11 mai 2004 : Pour ses 8 ans, il reçoit de la part de son oncle une épée en plastique sous le regard septique de ses parents. A la question : "Mais tu vas faire du mal aux gens avec ça ?", Sam répond tout naturellement : "Non ! Je vais les défendre."

    20 avril 2006 : Toute la famille Reynolds et Hannah partent en Angleterre pour le dixième anniversaire de Sam.

    8 août 2008 : Sam entend des cris, des pleurs, des assiettes qui se brisent à travers la porte de sa chambre.

    9 août 2008 : C'est dans un silence de mort et d'une voix enrouée que son père lui annonce sa décision de divorcer avec sa mère.

    16 août 2008: Sam est assis sur les marches d'une gare peu fréquentée. Il a les yeux rouges et mal à la tête à force de réfléchir. Il a trop chaud et n'arrive plus à pleurer. Ça fait une semaine qu'il passe ses journées dehors. Il ne supporte plus l'ambiance de chez lui, les cartons qui s'entassent dans un coin. Et les pleurs, et les cris.

    18 août 2008 : Il pleut des cordes, un violent orage d'été tellement assourdissant que Sam ne s'entend même plus pleurer. Sa mère a quitté la maison aujourd'hui et il se sent tellement vide, sans aucun sens. Il revient sur les marches de la gare, il est trempé et les marches sont glissantes. Il n'y a personne à par un homme barbu qui, à en juger par l'état de ses vêtements et par les nombreux sacs autour de lui, n'a pas d'abri. L'inconnu le regarde et Sam, honteux de pleurer alors que lui, il a un toit et une famille, baisse les yeux et s'en va.

    19 août 2008 : Sam a revu l'inconnu de la gare, il lui a dit bonjour et ils se sont souri, un sourire triste et désolé des deux côtés mais un sourire quand même.

    20 août 2008 : L'adolescent a acheté un paquet de cookies et l'a partagé avec l'inconnu qui ne l'était plus tant que ça. Il apprend qu'il s'appelle Carter, que sa femme est morte d'une maladie du sang et qu'il est à la rue depuis 4 ans.

    31 décembre 2009 : Sam passe le nouvel an avec Hannah et Carter dans un fast-food un peu miteux mais tout à fait convenable pour les trois acolytes qui rient comme des imbéciles heureux.

    2 février 2010 : Carter a trouvé du boulot dans une station service et Sam et Hannah sont allongé sur une esplanade de jeux pour enfants. Ils sont frigorifiés et parlent de leur métiers futurs, la jeune fille demande à son ami s'il veut toujours être chevalier. Il rit et lui répond que, finalement, c'est trop violent pour lui, il préfère raconter les faits plutôt que les vivre. Et puis, Sam aime trop les gens pour leur faire du mal, il préfère les aider. Hannah quant à elle, lui annonce qu'elle veut être gymnaste.

    19 avril 2011 : Le 15e anniversaire de Sam. Ils sont dans le jardin, Hannah avait mal à la tête à force d'entendre des gens crier alors ils s'étaient éclipsés de la fête. Ils ont un peu bu et étaient beaucoup trop euphoriques. Ils se racontaient des blagues pas très drôles et rigolaient comme des idiots. Au détour d'une plaisanterie sur un têtard qui croyait qu'il était tôt mais enfaite il était tard, Hannah attrape Sam par les joues et plaque maladroitement ses lèvres sur les siennes. La sensation est encore plus grisante que l'alcool et les vannes nulles alors ils recommencent en riant.

    5 juin 2012 : Les deux amis (même si leur relation était ambiguë) courent pour se rendre au fast-food dans lequel ils ont pris l'habitude de se donner rendez-vous avec Carter. Aujourd'hui c'est son anniversaire et le comble serait d'arriver en retard. Sam court devant Hannah, Sam traverse le passage piéton, Hannah le suit, concentrée pour ne pas faire tomber le cadeau fragile qu'ils ont acheté à leur ami. Hannah ne voit pas la moto qui surgit sur la route. Sam entend un crissement de pneu, un cri, un bruit sourd plus plus rien.

    26 juin 2012 : Hannah sort du coma. Sam se confond en excuses, répétant toutes les choses qu’il lui a dites lorsqu’elle était inconsciente. Hannah sait déjà tout ça, elle sait aussi que ce n’est pas de la faute de Sam. Le docteur entre dans la pièce et annonce d’une voix blanche : « Tu as perdu l’usage de tes jambes, je suis désolé. » Hannah ne réagit pas tout de suite et alors que les larmes commencent à couler le long des joues de Sam, elle se met à hurler, la tête dans les mains, essayant de faire bouger ses pieds. Sans succès. Elle ne pourra plus jamais marcher, elle ne pourra jamais devenir nageuse professionnelle.

    31 septembre 2015 : Les deux amis sont assis sur le lit d’Hannah, Sam a la tête sur ses jambes, elle rit en disant qu’il peut s’appuyer sur ses cuisses plus fort, de toute façon elle ne sent rien. Ce n’est pas un véritable rire, c’est un petit gloussement qui dit « t’inquiètes pas, je vais bien ». Alors Sam sourit, pas d’un vrai sourire, d’un étirement des lèvres qui murmure : « arrêtes de faire semblant. » On dirait qu’Hannah va se mettre à pleurer, mais elle ne le fait pas. Cela fait un bon moment qu’elle ne pleure plus. Sam pense qu’elle est extrêmement courageuse, il aimerait bien savoir comment elle fait. Elle lui a dit un jour que ce qui la faisait tenir, c’était les gens. Les gens heureux, les gens démunis, les gens colériques, les gens égoïstes, les gens malades, les gens gentils. Elle aime les gens, comme lui. Demain, Sam entre à l’université, il va étudier l’histoire, comme son père. Ce dernier est d’ailleurs très fier de lui, il est même rassuré qu’il ait choisi le « bon chemin ». Sam ne comprend pas vraiment pourquoi.


    3 commentaires
  • Ma mère m'a toujours dit que pour éviter de s'ennuyer, on pouvait penser à un mot, un seul, et voir ce qui en découlait.

     Mon mot à moi c'est Astrid.

     Certes ce n'est pas réellement un mot, plus un prénom, mais tellement de choses découlent d'elle.

     J'ai rencontré Astrid à son septième anniversaire, sa mère lui avait organisé une fête mais avait invité que des adultes, dont ma mère. J'y étais donc allée et je l'ai trouvée allongée sur le ventre sur un canapé, la tête dans les coussins, sa tignasse noire formant un halo autour de son crâne. C'est étrange mais c'était beau. Au bout de dix minutes elle a cherché ma main à tâtons avant de la prendre dans la sienne, de la serrer et marmonner son nom d'une voix étouffée par le sofa sur lequel elle était.

     On est très vite devenues amies et on a grandi ensemble.

     Pour ses neuf ans, Astrid a reçu un poster de l'univers avec une légende de tous les astres dans un coin. Je l'ai aidée à l’accrocher au-dessus de son lit et on est restées silencieuses pendant toute l'après-midi en contemplant l'espace accroché sur l'un des nombreux murs de l'un des nombreux appartements de l'une des nombreuses barres HLM qui existent à Bordeaux. Puis au bout d'un moment elle a pris un feutre bleu qui traînait par terre et a dessiné une petite étoile dans sa voie lactée. Elle s'est ensuite penchée, toujours son air sérieux et concentré peint sur son visage, et a rajouté mon nom dans la légende à côté de l'astre qu'elle venait de créer. Je n'ai jamais compris pourquoi elle avait fait ça et je n'ai jamais osé lui demander.

    On est entrées dans un collège de gosses de riches que les parents d'Astrid avaient galéré à payer et mon amie a commencé la musique; elle faisait du triangle et même si c'est l'un des instruments qui apportent le moins de gloire, elle se vantait de faire partie d'un orchestre. Elle détestait les musiques que le groupe devait jouer mais elle restait parce qu'elle se sentait importante pour des gens.

    Elle ne se rendait pas compte qu'elle était déjà importante pour moi.

    Le jour de ses seize ans, elle avait invité toute la classe, même ceux qu'elle n'aimait pas, à fêter son anniversaire chez ses grands-parents à la ferme. J'étais venue avec mon copain de l'époque dont je n'étais absolument pas amoureuse mais avec qui j'étais pour prouver à Astrid que ce n'était pas le centre de mon univers et que je pouvais très bien me débrouiller toute seule. A vrai dire j'essayais plutôt de me le prouver à moi-même car la concernée nous trouvait mignons, mon petit ami et moi, et plus elle me disait ça avec son air attendri, plus ça me faisait mal. Le garçon en question était avec moi juste histoire d'avoir une copine parce qu'à part mes seins, rien ne lui plaisait chez moi, il préférait Astrid.

    Je crois que mon copain et moi étions tout les deux amoureux d'elle.

    Amoureux de sa personne, de ses yeux, de son air rieur et insolent et surtout de l'univers qu'elle avait crée autour d'elle et par lequel on était irrémédiablement attirés.

    Elle était le centre de l'univers de beaucoup de gens.

     Astrid aimait bien faire des trucs que personne ne comprenait, par exemple elle adorait allumer un briquet près de sa bouche fermée pour sentir la chaleur de la flamme. Quand elle le faisait, j'avais tellement envie d'être à la place du briquet pour sentir la chaleur de ses lèvres à elle.

    Je ne sais pas vraiment comment ni quand j'avais arrêté de la considérer comme une simple amie mais j'étais irrémédiablement tombée amoureuse d'elle. Le pire c'est qu'à certains moments, j'avais l'impression qu'elle le savait, qu'elle voyait en moi comme dans de l'eau et qu'au lieu de dire quelque chose, elle me souriait avec insolence.

    Ma mère m'a souvent répété que j'élevais Astrid au stade de dieu vivant. Que je la pensais intouchable alors que tout le monde est humain et égal. Je voyais la pitié dans les yeux de ma génitrice quand je lui parlais d'elle avec des étoiles dans les yeux, même moi j'avais pitié de moi à certains moments. Ce n'était pas des éloges que je lui faisais, c'était des supplications.

    Quand elle a fêté ses 17 ans, on venait d'apprendre qu'il y avait eu un incendie dans le nord du pays et que des gens étaient décédés. J'étais effrayée à l'idée que la vie soit si fragile et qu'on puisse mourir si facilement. On était allongées toutes les deux sur la moquette horriblement laide de ma chambre et elle m'a serrée dans ses bras en me chuchotant que ça n'arrivait qu'aux autres ces choses-là. J'avais à peine écouté parce que j'étais en larmes dans ses bras et que mes sanglots couvraient le son de sa voix.

    Pour ses dix-huit ans, elle a acheté un van avec l'argent que ses parents avaient mis de côté pour lui payer la fac. J'avais trouvé ça horriblement égoïste mais je l'ai suivie quand même. On est parties en Allemagne, en Autriche et on a traversé tous ces pays de l'est au nom bizarre. Sur la route, Astrid s'est trouvé un polonais dont elle n'arrivait pas à prononcer le prénom mais ça n'avait pas l'air de les déranger plus que ça quand ils s'embrassaient à pleine bouche devant moi.

    J'avais l'impression qu'elle me narguait, qu'elle savait qu'elle était devenue le centre de l'univers de quelqu'un de plus et que ça l'amusait.

    Elle était égoïste, irresponsable et capricieuse. Elle avait un tas de défauts masqués sous deux ou trois qualités et un visage envoûtant. Pourtant j'étais folle d'elle, autant qu'elle était folle elle-même.

    On est restées un an et demi sur les routes avant que je décide d'arrêter et de rentrer chez moi. Mais même loin elle m'obsédait. Je m'étais éloignée d'elle pour arrêter d'être aussi vulnérable mais maintenant qu'elle était à des milliers de kilomètres de chez moi, je l'étais encore plus.

    J'ai essayé de l'oublier, je me suis trouvée un boulot, un copain que je n'aime absolument pas et un appartement. De l'exterieur, ça paraissait stable, en réalité sans elle c'était tellement bancal que je risquait de m'écrouler au sol à tout moment.

    Il y a quatre jours, j'ai reçu un texto non signé d'un numéro inconnu qui disait qu'une étoile avait pris un an de plus et qu'elle souhaiterait qu'une autre étoile la rejoigne pour fêter cet événement avec elle. Il y avait l'adresse de ses grands-parents et marqué entre parenthèses: "Tu m'as manqué."

    Alors j'ai pris ma moto et j'y suis allée, vite. Trop vite.

    Je me souviens des phares de la voiture en face de moi, du bruit sourd qu'a fait mon corps en tombant, de mon casque au milieu de la chaussée et de l'odeur du sang sur l'asphalte mouillée.

    Aujourd'hui Astrid à vingt et un ans et moi je suis clouée dans un lit d'hôpital entrain de penser à elle parce que j'ai été victime sur la route d'une de ces choses qui n'est censée n'arriver qu'aux autres.


     

    Voilà, c'est pour le concours d'Elinae. Je vous avoue que l'idée originale de la fin ne vient pas de moi, j'ai lu cette fin sur une fiche de personnage d'un forum RPG. C'est juste que je n'avais pas d'autres idées.

    Astrid (c'est pas son vrai prénom) et le personnage principal existent réellement, bon, ni l'une ni l'autre ne finit dans un lit d'hôpital à cause d'un accident de moto mais leur relation est vraiment étrange alors j'ai voulu l'écrire.


    24 commentaires


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique